« Vous êtes fous d’avaler ça! »

« Vous êtes fous d’avaler ça! » de Christophe Brusset, éditions Flammarion

Ras-le-bol de manger de la merde?

J’ai tout de suite adoré l’humour piquant de Christophe Brusset, qui dénonce les pratiques douteuses des industriels dont il a fait partie pendant 20 ans. À coups d’exemples inspirés de sa carrière, il explique que la fin justifie les moyens quand il s’agit de proposer des prix toujours plus compétitifs. Se joue alors un jeu de chat et de la souris pour déverser des produits défectueux sur le marché européen sans se faire choper par les instances en charge.

Il précise que son objectif n’est ni de se venger, ni de moraliser, mais bien d’ouvrir les yeux: dans ce monde de brutes on a parfois envie de rêver et de croire en la bonne foi de ceux qui nous nourrissent. Malheureusement on tombe de haut: la plupart des discours sur le bien-être et la santé du consommateur, c’est de la daube pour vendre plus cher un produit plein de merde (parfois au sens littéral). Pour les industriels, « la nourriture n’a rien de noble, il s’agit uniquement d’un business, un moyen de gagner de l’argent, toujours plus d’argent » (p.9).

La structure du livre est un peu répétitive (1 chapitre = 1 exemple) mais très bien faite et facile à lire. J’ai pu déceler 5 grands principes suivis par la plupart des industriels, comme une bible de la tricherie:

  1. Tromper les analyses en utilisant des ingrédients de basse qualité, ou des ingrédients moins cher à produire mais qui n’ont rien à voir avec le produit initial, comme des truffes du Périgord qui viennent de Chine.
  2. Utiliser des noms vagues, compliqués ou similaires aux produits initiaux pour donner l’impression que c’est un produit de qualité, comme la pâte d’amandes sans 1 gramme d’amandes mais aromatisé à l’amande.
  3. Pousser à l’extrême les limites imposées par les instances européennes en termes de pourcentage de matière première de qualité dans le produit fini. C’est comme cela qu’on peut trouver de la crotte de rat dans du piment en poudre.
  4. Jouer sur les non-dits en proposant des packaging avec des couleurs ou des dessins suggestifs, sans pour autant mettre un terme dessus. Cela donne l’impression au consommateur d’acheter des produits locaux, de terroir ou de savoir-faire.
  5. Broyer, mixer, mélanger tout ce qui ne peut être vendu tel quel, de sorte à ce qu’il soit impossible de vérifier la qualité ou la provenance des matières premières présentes dans le produit.

Mmmmh, ça donne faim tout ça…Je ne t’en dis pas plus! Perso ça m’a fait comprendre l’importance d’acheter des produits non transformés et de cuisiner maison. Bon appétit!

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