« Famille presque zéro déchet »

de Jérémie Pichon et Bénédicte Moret, éditions Thierry Souccar

Un livre porteur d’espoir

En entendant « zéro déchet », certains se braquent directement, en disant que c’est une lubie d’écolo qui va passer. Pourtant, quelques questions très simples permettent de comprendre que ce n’est pas qu’une lubie mais une nécessité et un espoir pour l’avenir: combien de sac poubelles sort-on chaque semaine? Où vont les déchets et que vont-ils devenir? Ces questions sont difficiles, dérangeantes, car une fois le sac poubelle sorti de notre maison, on préfère ne plus y penser. Pourtant, ces déchets ne disparaîssent pas comme par magie. Ils finissent décharge à ciel ouvert, brûlés, recyclés ou, plus rarement, compostés. Les auteurs s’attaquent très justement à l’illusion du recyclage, qui nous fait croire que tous nos objets auront une seconde vie. Que nenni: seulement 20% de nos déchets sont recyclés, et la plupart du temps, ils ne sont recyclables qu’une seule fois. Ça ne te rappelle rien ces fameuses pubs qui nous disent de continuer d’acheter ColaTruc sans culpabiliser car les bouteilles seront « recyclées » pour être transformées en polaire? Ce qu’on ne nous dira surtout pas c’est que le polaire, il deviendra lui aussi un déchet, et pour celui-là, point de recyclage, c’est brûlé direct. Et quand on dit brûlé, il faut comprendre « émission de gaz toxiques et métaux lourds dans l’air ». Moins sexy, hein? Si malgré ça, tu te dis que…

  • Pas le temps de faire du zéro déchet;
  • Qu’on s’en fout, on ne paie pas les emballages de toute façon;
  • Le zéro-déchet coûte plus cher;
  • C’est beaucoup trop compliqué;
  • Le zéro-déchet, ça tue l’emploi;
  • Au point où on en est, un peu plus ou un peu moins de déchet ça ne change rien;
  • Zéro-déchet c’est impossible, faut pas déconner
  • De toute façon les camions poubelles mettent toutes les poubelles dans le même bac;
  • De toute façon, les gens de la décharge et du centre de tri trient pour nous;
  • Avec le zéro-déchet, autant ne plus rien manger c’est pareil;
  • Ce n’est pas possible avec une épouse/un mari et des enfants difficiles;
  • Ce n’est pas à nous de trouver des solutions, mais aux politiques;
  • Déjà plus de place chez moi, alors s’il faut en plus rajouter des trucs de zéro-déchet on s’en sort plus;
  • J’ai fait le tri toute l’année à la maison, je suis en vacances là c’est bon;
  • Le zéro-déchet c’est comme une secte d’intégriste, tout est extrême;

 
…alors je te conseille de parcourir ce livre, il va te faire changer d’avis. Dans le cas contraire, il va en tout cas te faire réfléchir. L’avenir est rempli d’opportunités: il existe des dizaines, des centaines de moyens pour réduire nos déchets au quotidien. Les efforts à faire paraissent insurmontables, puis en faisant un pas après l’autre, on se rend compte de notre impact et on a plus envie de faire marche arrière (du vécu!). Le livre « famille zéro déchet » est très accessible, on le lit comme on lirait un magasine: plein de dessins, marrant, sarcastique, instructif, facile à comprendre, et…encourageant! Ce que j’ai le plus aimé, ce sont les « battle »: pour chaque thème, un ou plusieurs dessins montrent comment remplacer les habitudes génératrices de déchets par des habitudes zéro-déchet. On y voit l’objet d’avant (exemple: rasoirs jetables) et son équivalent zéro-déchet (exemple: rasoir en inox), et, en dessin, la quantité de déchets économisée en un an en remplaçant l’un par l’autre. Dans le cas du rasoir, tu as le dessin d’une cinquantaine de rasoirs jetables, et en-dessous…un seul rasoir en inox. Ça paraît simplet, mais quand tu as ça devant les yeux je te promets que ça te donne envie de bouger!

Bonne lecture!

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