Les amalgames du fait maison

Sur internet on trouve plein de chouettes choses, mais j’ai aussi vu passer pas mal d’amalgames auxquels il faut faire attention. Sans imposer une quelconque connaissance, certains ateliers et livres m’ont permis de faire la part des choses sur certains points. J’espère que ça t’aidera aussi !

« Les produits faits maison sont tout aussi efficaces que les produits du supermarché »

Faux. Je vais en étonner certains et en ennuyer beaucoup, mais c’est la vérité: les produits faits maison sont moins puissants que les produits du supermarché. Ou plutôt: les produits du supermarché sont beaucoup trop puissants pour l’usage qu’on en fait, et c’est bien ça le problème. On nous a tellement habitué à des produits qui détruisent tout sur leur passage qu’aujourd’hui on trouve ça normal de pouvoir venir à bout d’une tache qui date d’il y a 3 mois, ou d’une parois douche qui n’a pas été décalcarisée depuis des semaines. Donc on s’attend à ce qu’un pchit pchit de vinaigre fasse comme dans la pub: un coup d’éponge et tout part. Mais ce n’est pas comme ça que ça se passe. Avec les produits faits maison il faut donner de l’huile de coude et laver un peu tous les jours, en prévention. Par exemple, on attendra pas que le WC soit jaune dégueu pour utiliser le vinaigre non non, on l’utilisera un peu tous les jours et on frotte, et on frotte, fort! On est pas des faibles!

« Les produits faits maison sont inoffensifs »

Vrai et faux. Les produits faits maison sont beaucoup moins dangereux mais ne sont pas tous inoffensifs: je ne donne pas cher de ton estomac si tu avales des cristaux de soude! Par contre ils n’auront pas d’effets néfastes sur ta santé sur le long terme, et ne nuiront pas à l’environnement lorsqu’ils sont dilués dans l’eau. Là est toute la différence.

« Les produits faits maison sont naturels »

Vrai et faux. Par abus de langage on oppose souvent le mot « naturel » au mot « chimique »: un produit naturel VS un produit chimique. Il est bon de rappeler que la chimie n’a rien de mauvais, et l’on pourrait même dire qu’elle est « parfaitement naturelle »: les plantes utilisent des procédés chimiques pour grandir! Autre exemple: le bicarbonate de soude est créé à partir de craie et de sel, qui sont naturels, mais la réaction qui permet de créer la poudre est purement chimique. Qu’un produit fait maison soit « naturel » ou « chimique », on ne peut en aucun cas l’avaler, se tartiner avec, le fumer ou en faire un feu de joie pour danser la macarena.

« Les produits faits maison sont biodégradables »

Vrai. Voici la définition du Larousse de biodégradable: « Se dit des produits industriels et des déchets qu’une action bactérienne […] décompose assez rapidement et les fait disparaître de l’environnement […]. » « Assez rapidement » ça veut dire tout et n’importe quoi, cela dépend de l’échelle utilisée (échelle humaine = jours/années, échelle animale = heures pour certains, échelle planétaire = milliers d’années). Donc oui, les produits faits maison sont biodégradables…tout comme le sont le plastique, le chewing gum et les cigarettes…sur 500 ans.

Le terme « biodégradable » est à la mode et étiqueté un peu partout, de sorte que quand on voit « biodégradable » sur un produit on culpabilise beaucoup moins de l’acheter alors qu’il est parfois pire que son équivalent traditionnel. L’exemple le plus frappant est celui des lingettes humides que l’on dit « biodégradables » et donc que l’on pourrait jeter dans les WC plutôt que dans la poubelle: elles n’ont pas le temps de se dégrader avant d’atteindre les filtres des stations d’épuration et doivent être enlevées à la main. Que de problèmes et de main d’oeuvre supplémentaires pour un produit censé être plus écolo (quelques sources: ici, ici ou ici). A moins qu’il soit expressément noté la durée dont le produit a besoin pour se dégrader complètement, « biodégradable » n’est pas un concept qui permet d’évaluer la qualité « écolo » d’un produit.

« Une maison ça doit être désinfecté »

Faux dans la plupart des cas. Attention, il existe une différence entre « désinfecter » et « nettoyer ». Nettoyer veut dire enlever les crasses et les saletés de surface; désinfecter veut dire éradiquer toutes les bactéries. Pour bien comprendre la différence: on nettoie nos mains en les lavant au savon, par contre on les désinfecte en appliquant ce fameux gel fait d’alcool dont beaucoup de gens sont fan en voyage (dont moi, je l’avoue).

On associe souvent les bactéries aux maladies, et c’est en partie justifié mais pas totalement: les bactéries font partie intégrante de notre vie et sans elles nous ne pourrions pas vivre (certaines nous aident à digérer, par exemple). Si on désinfecte notre maison, on va tuer toutes les petites bactéries inoffensives qui font notre immunité. Ces petites bactéries ben mine de rien elles prennent de la place parce qu’il y en a des millions sur chaque cm² (ouh pinaise). Vu que le terrain est occupé, les grosses bactéries dangereuses n’ont pas de place pour s’installer et vivre. Si on élimine les petites bactéries, on fait place nette et on laisse un terrain fertile pour les plus grosses qui vont bien se régaler. L’exemple le plus frappant des conséquences de la désinfection est l’apparition du staphylocoque doré dans les hôpitaux, car dans un hôpital tout doit être désinfecté pour éviter que les patients se refilent les maladies les uns aux autres. Donc, en résumé: on désinfecte quand c’est nécessaire, c’est-à-dire: en cas de risque d’infection (si quelqu’un a la gastro ou la salmonelle à la maison par exemple), et les WC, car les déchets humains sont vecteurs de maladies.

Sources

  • Ecoconso. (s.d.). Remue-ménage. L’entretien au naturel: sain, facile et pas cher! [Fascicule d’information]. www.ecoconso.be
  • Larousse. (s.d.) Biodégradable. Retrieved on March 28th, 2018 from https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/biod%C3%A9gradable/9402

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